Les dérives sectaires dans un groupe

Un groupe, une communauté, une secte : explications

Un groupe peut être vu comme un microsystème fondé sur des valeurs communes, des règles qui permettent une bonne régulation du groupe et des codes d’échange entre les personnes. Dans certains groupes, on y rentre qui si l’on est actif, c’est-à-dire que l’individu cherche à comprendre les codes du groupe, comment communiquer avec le groupe. Certains groupes avec dérive sectaire peuvent avoir un cadre et des normes spécifiques : la différence est mise en avant, certaines pratiques sont interdites.

Catherine Picard, dans son article sur les sectes et la mondialisation, précise que les sectes sont un groupe qui utilisent les manques créent progressivement par la société. Ces manques se retrouvent le plus souvent dans la formation, le soutien éducatif, les luttes contre quelque chose. Souvent, le modèle du groupe proposé par la secte est plus humain que le modèle proposé par la société. Les groupes sectaires vont reprendre certaines idéologies, notamment le mode de consommation, le « trop » et la « quête de sens ».




La secte s’appuie sur la peur de ce que l’individu ne connaît pas, sur les besoins que l’individu n’a pas par manque, sur le déni du temps qui passe et la soif d’immortalité. Ainsi la secte remplit nos besoins individuels car l’individu n’est plus seul face à l’angoisse et permet de se substituer à un projet collectif qui n’est pas ou plus proposé par la société.

Ces sectes vont créer un consentement et donc une décision de ne pas s’opposer au groupe, de la soumission au représentant du groupe ainsi qu’une obéissance aveugle. Cette forme de groupe va reprendre des techniques utilisées en psychothérapie et les déformées pour qu’elles « collent » aux normes du groupe. Enfin, les sectes maîtrisent parfaitement le harcèlement, les menaces, le discrédit et la propagande d’idées.


Comment fonctionne un groupe sectaire ?

Les sectes savent collecter de l’argent pour fonctionner. Notamment, des extensions de fonds permettent de construire de véritables empires économiques, comme c’est le cas pour la scientologie. En effet, les adeptes de ces groupes sectaires sont de la main d’œuvre quasi-gratuite et facilement exploitable, il n’y a donc que peu de « salaires » à verser. Ces adeptes peuvent même être à l’origine d’expérimentation spécifique. Le fonctionnement est donc basé ainsi, sur des marchandises à vendre par l’utilisation de techniques de manipulation mentales, les productions économique et la main d’œuvre soumise.

Les gourous ou dirigeants de sectes sont nommés actuellement des maîtres qui exercent les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaire. La vie des adeptes est sous contrôles, ils sont contraints. Leur adhésion à la secte est extorquée et les adeptes doivent obéir et consommer. Les adeptes sont toujours dans le don d’énergie pour être en harmonie avec le cosmos, être bien dans sa peau, être en bonne santé… perdant ainsi leur esprit critique. Le groupe sectaire fonctionne donc sous le mode autarcique.

L’activité principale du groupe sectaire est la vente de prestation de service c’est-à-dire des cours, des stages, des séminaires avec de la vente d’ouvrages, de divers supports pédagogiques, de produits culturels ou paramédicaux.

Ces groupes sectaires se retrouvent dans divers domaines professionnels à travers le monde : l’immobilier tout d’abord qui permet de se mettre en avant et d’être rentable, dans la formation professionnelle, dans le conseil en entreprises et plus spécifiquement dans les RH, la stratégie générale, la communication institutionnelle. On peut les retrouver également dans l’éducation, l’accueil de jeunes enfants par le biais d’écoles privées spécifiques primaires et/ou secondaires et des pseudo-université. Les groupes sectaires peuvent se centrer également dans l’informatique par le conseil, la vente et la maintenance de matériels ainsi que le développement de logiciels pour créer des banques de données. La religion peut aussi avoir des mouvances sectaires. Enfin, ils se trouvent également dans des domaines pharmaceutiques et médico-sociaux notamment par certaines mouvances guérisseuses et des compléments nutritionnels.

En France, le développement personnel est une passerelle bien connue pour regorger d’experts qui deviennent à long-terme des gourous ou maîtres et qui vont extorquer de l’argent. Depuis 2007, les fédérations de coaching ont mis en place un code de déontologie, permettant à plus de 500 personnes qui se prétendaient coachs de partir la même année et ainsi poser un cadre plus serein.

Toute entreprise n’est pas une secte, mais certains fonctionnements peuvent questionner. Notamment en termes de savoir-faire, car les salariés sont exploités et peu revendicatif.


Des signes qui doivent alerter

Notamment, si les personnes issues du groupe sectaire promettent de guérir de maladies graves comme un cancer ou une dépression en un temps plus que record avec un retour à un bonheur « inéluctable ». Le groupe peut également flatter énormément votre potentiel ainsi que vos aptitudes qui ne sont reconnues que par les individus de ce groupe mais pas par votre entourage. Enfin, le groupe sectaire vous propose d’accéder à une connaissance très « spéciale », que seul le groupe peut vous transmettre. C’est, en effet, une technique de manipulation mentale qui donne l’illusion d’être une personne spéciale.

Si ces signes vous mettent la puce à l’oreille, vous pouvez commencer par vous informer notamment sur internet en consultant des avis de personnes qui sont passées dans ces cours, ces formations ou autre et également via le site internet « Miviludes » qui propose une liste d’association ou de groupes à tendances sectaires et les différents moyens pour les reconnaître.

Si vous souhaitez suivre des conférences en ligne, faites fonctionner votre esprit critique et posez-vous quelques questions de type : est-ce que le conférencier possède une entreprise légale et déclarée ? cette personne a-t-elle déjà eu des résultats et partage-t-elle ces résultats ou est-ce qu’elle fait le nécessaire pour que vous dépensez de l’argent pour avoir les résultats ? les tarifs proposés sont-ils exorbitants ou raisonnables ? vous demande-t-on de recruter des personnes de votre entourage ? Est-ce qu’on vous donne accès aux informations initialement proposées ou bien est-ce que l’on vous promet sans jamais vous donner l’accès ?

Si vous souhaitez suivre des thérapies ou utiliser des techniques de relaxation, demander le diplôme ou l’attestation, prenez le temps de poser des questions à la personne sans vous engager puis aller sur internet pour vous renseigner ou téléphoner à des institutions légales telles que l’ARS (agence régionale de santé) qui permettent de recenser le vrai du faux. Et demandez-vous si la technique est reconnue en France, par l’état ? est-ce un diplôme ou une formation certifiante ? la formation est-elle reconnue par des pairs ?

Par exemple, si une personne vous propose de résoudre votre problème par deux séances d’hypnose alors qu’elle n’a pas de diplôme ou que son attestation n’est pas issue d’une école reconnue par l’état, et qu’elle vous propose d’abord une séance gratuite puis une seconde beaucoup plus chère puis vous propose d’autres techniques qui sont très coûteuses, vous avez le choix de dire non et de partir dès que vous ressentez le moindre doute.

Un problème ne se résout malheureusement pas en une séance ou deux. Il faut du temps et agir selon votre rythme. Les problèmes sont des épreuves par lequel tout le monde passe et qui permettent d’apprendre sur soi. Il faut apprendre à les accepter dans un premier temps pour pouvoir les gérer et les dépasser.

Les trois phases à connaître

Un article des ex-témoins de jehovah permet de mettre en lumière le fonctionnement des sectes fonctionnent généralement par trois phases : la séduction, la compensation et l’isolement.

La première phase, dite de séduction permet d’attirer de nouveaux adeptes et de garder les anciens. On entre dans un groupe pour entrer dans une communauté. Si on souhaite y rester, c’est parce que le groupe dit communautaire met en avant uniquement les aspects positifs du groupe, c’est un groupe formidable, à part, différent, les actions qui y sont mises en place sont plus méritantes. C’est ce qui la rend attirante par rapport à d’autres communautés qui « font des erreurs alors que pas nous ! » et « chez nous, il y a ce qui manque ailleurs ».

Ce groupe communautaire va toujours nous promettre une chose invérifiable, mais aucun adepte ne l’a jamais vu réellement. Ce peut être la promesse de la vie éternelle au paradis, la guérison sans aucun produit chimique d’un cancer… Cette promesse est rendue plausible par des images qui ne sont que de la fausse publicité et de nombreux superlatifs dans les nombreux écrits.

Quand le futur adepte est séduit, il comprend que rien n’est gratuit et qu’il doit « payer ». Il entre alors dans la seconde phase dite de compensation.

La communauté demande à ce que l’adepte lui fasse confiance. Tout questionnement et doutes sont traités par le groupe lui-même et l’adepte n’a plus besoin de faire appel au monde extérieur. La recherche personnelle d’information en dehors du groupe est fortement déconseillée voire interdite. Le groupe doit aussi faire confiance à l’adepte, car les idéologies et dogmes doivent rester puissants au sein du groupe. Les adeptes doivent donc dénoncer tout acte répréhensible qui pourrait mettre à mal le groupe et ses dirigeants. Cette logique est soi-disant une protection pour l’adepte.

L’adepte veut obtenir la récompense qui lui a été promise et pour cela, il doit renoncer à certaines choses. La communauté va d’abord lui prendre son temps. L’adepte va donner son temps pour conforter ses croyances et les transmettre. La vie de l’adepte va être remplie d’obligations, l’empêchant de vérifier les informations qu’on lui transmet. La communauté va également proposer à l’adepte de renoncer à son mode de vie pour avoir le privilège promis par la communauté.

La dernière phase met en évidence que la communauté a une forme sectaire car elle isole les adeptes par trois processus bien établis.

Les dogmes proposés par cette forme de communauté sont établis comme la « seule et unique vérité » qui est incontestable. Toute personne qui doute doit soit quitter ce groupe ou se convaincre que ce qui est dit est vrai. Souvent, le passé est corrigé et réécrit pour coller au dogme de la secte.

La communauté va faire le nécessaire pour limiter les contacts avec l’extérieur. Les adeptes doivent fréquentés les membres de la secte. Les fêtes de famille, les sorties avec les amis ou boire un pot avec les collègues de travail sont très fortement déconseillés voire prohibés. Un adepte est incité à avoir un dialogue critique sur ses croyances qui sont les croyances de la communauté. La critique n’est pas la bienvenue et peut engendrer une exclusion du groupe. Cette exclusion est une rupture totale avec les autres membres de la communauté jusqu’à ce qu’elle prouve que ces idées sont en conformité avec celles du groupe. Pour limiter les contacts avec le monde extérieur, la communauté va jouer sur le mécanisme de la peur. Cette forme de manipulation mentale est utilisée pour mettre en avant la logique de l’ennemi invisible. Le monde extérieur est décrit comme un personnage qui veut faire exploser la communauté.

Le lavage de cerveau est une autre technique de manipulation mentale qui permet de réduire à zéro la pensée critique. Pour l’utiliser, il suffit de combler le temps de l’adepte par un « martelage incessant » d’idées. La méthode des questions-réponses permet ce martelage. Le groupe pose une question et y répond. Puis, elle incite l’adepte à trouver la réponse à la question posée. La question sera posée jusqu’à ce que l’adepte répète pratiquement mot pour mot la réponse de la communauté.

Le langage est important au sein de la communauté. Les mots sont détournés de leur sens pour coller aux idées de la secte.

Le chant est aussi une technique utilisée pour que les idées et les dogmes de la communauté soit retenue par l’adepte. Ce dernier apprend par cœur les chants et répète des paroles qui sont issues du groupe et non de lui. Ces paroles entrent petit à petit de manière inconsciente et restent gravées. L’argument « par noyade » permet aussi de graver des idées fortes du dogme dans l’inconscient de l’adepte.

Ainsi, les techniques de manipulations sont très utilisées au sein des groupes sectaires. L’isolement permet à l’adepte de ne pas pouvoir partir du groupe.

Si une personne entre dans une communauté de ce type et souhaite en sortir, il aura peur du monde extérieur, n’aura plus de contact avec sa famille ou ses amis et ne comprendra plus le monde extérieur. Il est complètement déstabilisé.



Certains actes de proches permettent d’accompagner les personnes qui souhaitent en sortir. Tout d’abord, ne couper jamais les liens avec une personne qui souhaite entrer dans une communauté. Envoyez-lui des sms, des mails, des courriers écrits envoyés par la poste en lui rappelant des souvenirs, des anecdotes, des images d’avant. Même si l’adepte ne répond pas, il sait que vous êtes présent et aura un point de chute s’il souhaite sortir de la communauté. Une fois parti de la communauté, l’ex-adepte doit se souvenir de sa vie d’« avant ».Ce peut être avec des recettes de cuisine de son enfance, des photos, des moments avec des personnes qu’il fréquentait avant d’entrer dans la communauté. Lui faire lire des témoignages de personnes qui sont d’anciens adeptes ou lui faire rencontrer des ex-adeptes est également une aide. Et surtout, du temps et un accompagnement par des professionnels spécialisés dont les contacts se trouvent facilement sur internet. Il en est de même si les liens ont été coupés et que la personne frappe chez vous un jour, accueillez-la mais faites en sorte qu’elle ne cherche pas à vous faire entrer dans la communauté et prenez contact avec des professionnels qui sont à l’écoute pour connaître la meilleure marche à suivre.

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