Et si on parlait de #burnout

Le #burnout ou, en français « épuisement professionnel » est un ensemble de réaction consécutives à des situations de stress chronique. Il se caractérise par trois dimensions qui sont à voir comme trois niveaux.




Tout d’abord, c’est le fait de se sentir complètement vidé de ses ressources émotionnelles. La moindre situation lors de laquelle la personne ressent des #émotions peut prendre des proportions énormes et la personne à l’impression de ne plus pouvoir avancer – au sens propre comme au figuré,- et d’être épuisée. Ça devient donc une charge de travail qui pèse sur la personne.

Si la personne a l’impression d’avoir cette énorme charge de travail cela devient une montagne à franchir et cela devient donc une exigence scientifiquement parlant. Cette personne va donc mettre en place des stratégies pour y faire face grâce à ces ressources propres. Cette mise en place de stratégies devient une barrière, une bulle qui permet à la personne de se mettre en sécurité d’un côté, et qui l'empêche de percevoir trop d’exigences, trop de charges par rapport à la situation. Toutefois, si la charge de travail est supérieure aux ressources mises en place, la personne ne peut plus y faire face et elle se sent épuisée. Dans le cas du burnout, il s’agit du premier ressenti du mal-être d’un individu et qui se nomme « épuisement émotionnel ».




La seconde dimension qui est similaire au second niveau se nomme « dépersonnalisation ». C’est une mise à distance dans les attitudes et les sentiments de la personne. Il s’agit d’une forme de réponse que peut avoir la personne envers ses collègues, ses amis, sa famille mais ces réponses ne lui ressemblent plus et sont donc complètement différentes du type de réponse qu’elle pouvait avoir avant. Et pour cause ! La personne en #épuisement sait à cet instant qu’elle n’a plus assez de ressources pour faire face à cette forte charge de travail ou ces demandes trop exigeantes. La personne va donc se mettre en retrait, se désengager de ces différentes situations qui sont autant de charges, et répondra moins aux sollicitations demandées par ses collègues, amis ou famille. Les réponses seront différentes par exemple en ne répondant plus au téléphone, en disant qu’elle n’a pas le temps ou en s’isolant. Parmi les personnes que j’ai accompagnées, une personne ayant fait un burnout à envoyer sur les roses une collègue qui lui demandait « comment ça va ? » un bon matin. Une autre personne, à qui l’on demandait d’utiliser un nouvel outil de travail, alors que pour elle, cet outil n’avait pas de sens dans son travail s’est mise en arrêt de travail pour pouvoir se ressourcer.


Ce sont souvent, pour l’entourage, des détails et ils ne comprennent pas que ces questions posées tous les jours, ces « petits » changements puissent engendrer autant de réactions négatives chez la personne en épuisement. Ils ne comprennent pas et ne savent pas comment réagir pour aider la personne. C’est là aussi tout l’enjeu pour l’entourage qui ne sait pas toujours comment soutenir la personne pour qu’elle aille mieux et qu’elle « redevienne comme avant ». Sauf, que l’épuisement ne se voit pas - comme une maladie - et reste encore à questionner pour les psychologues pour mieux accompagner les personnes qui le subissent. Car chaque personne en épuisement réagit à sa façon et il faut prendre en compte de nombreux paramètres pour soutenir la personne en souffrance. Et comme la personne qui vit un burnout ne sait pas réellement que c’est un burnout, il reste difficile pour elle d’aller voir un professionnel pour se faire accompagner et vivre après cet évènement.


Si la personne en épuisement continue de puiser dans ses ressources sans se reposer, à utiliser ses batteries qui sont déjà très faibles, elle va avoir l’impression à un moment qu’elle n’arrive plus à « s’accomplir ». C’est la troisième dimension ou le troisième niveau. Elle a l’impression de ne plus pouvoir utiliser ses compétences et aptitudes. Elle sait alors qu’il y a un problème, elle le voit et peut tomber dans une forme de dépression avec l’ensemble des symptômes qui l’accompagne. Notamment, voir tout en noir, ne plus avoir de plaisir à faire certaines choses, avoir l’impression « d’être nul » dans ce qu’elle fait ou bien avoir l’impression que ce qu’elle fait ne lui convient pas et donc, ne conviendra pas à son entourage et surtout ressentir trop d'émotion qui la bouleversent et qu'elle ne peut que difficilement contrôler.





Il faut différends critères pour qu’une personne soit en épuisement professionnel dont #lengagement. La personne doit être engagée dans son travail. Le travail a un sens pour la personne depuis toujours, elle effectue ces tâches pour une raison qui sont propres à ses valeurs mais à un moment, ce « sens » donné n’est plus - pour différentes raisons qui sont à comprendre, à mettre en lumière lors d’un accompagnement pour comprendre et mettre des mots sur cet écart.


Quand je pose des questions à une personne que j’accompagne et qui me répond qu’elle est épuisée, qu’elle n’a plus de batteries, je lui explique que justement l’épuisement est consécutif et lié aux ressources. Ces ressources sont à voir comme une batterie que chaque individu possède. Le sommeil, les moments à lire un livre ou regarder un film, les moments en famille ou entre amis permettent de recharger les batteries. Toutefois, quand on tire trop sur les batteries, que l’on donne trop de sa personne pendant plusieurs années – car il faut beaucoup de temps pour en arriver là – le corps en prend un coup et le corps se déconnecte de la pensée et du cerveau. Est-ce une réponse pour se défendre contre trop de stress ? Peut-être.

Pour que la personne puisse sortir de cet état, il faut du temps. Beaucoup de temps qui est propre à chacun. La personne, dans un premier temps dormir, beaucoup dormir pour se reposer et recharger ses batteries. Cette phase peut prendre plusieurs jours à plusieurs semaines selon le « degré » d’épuisement.

La personne doit également mettre des mots sur ce qu’elle ressent, sur ce qu’elle vit et que ces mots soient dits pour pouvoir se situer et faire le point sur le sens donné à son travail et à sa vie. Ce travail s’effectue en thérapie avec un accompagnement adapté. De nombreuses personnes qui traversent un épuisement me disent qu’elles ont beaucoup de difficultés à faire certaines choses dans leur vie quotidienne alors qu’elle le faisait très bien avant. Par exemple, une personne que j’ai accompagnée travaillait devant un ordinateur, après son burnout, elle avait beaucoup de mal à rester plus de 30 minutes devant son ordinateur personnel une fois dans la semaine. Une autre personne, facteur de métier, me précise qu’elle laisse de côté tout papier administratif car elle n’y arrive pas, elle est fatiguée rien que de savoir qu’elle doit remplir une demande. Le corps se souvient, il a une mémoire de ce qu’il a vécu, ce qui l'a épuisé et qui l’a fait souffrir. Et le fait d’avoir des tâches qui rappellent ses moments de souffrance, font que le corps ne peut plus. C’est au-dessus de ces forces et la personne préfère donc les éviter. Cette réaction est une conséquence normale de l'épuisement.

En effet, le burnout est une conséquence du stress vécu par la personne depuis trop longtemps. Je reviendrais plus spécifiquement sur le stress et ses conséquences dans un autre article. En quelques mots, le stress est une réaction dite « normale » du corps face à une situation vécue comme notamment, lorsqu’une porte claque, en général, on sursaute, le corps se crispe, le cœur s’emballe et l’on devient vigilant à tout bruit pendant quelques secondes. C’est un coup de stress que l’on subit, et cette réaction est normale pour tout individu.

Toutefois, quand une situation stressante est vécue de manière répétée, comme notamment atteindre des objectifs au travail, peuvent provoquer du stress parce qu’on a peur de ne pas réussir à accomplir son travail, à atteindre ces objectifs demandés, peur de ne pas être dans les premiers, peur de ne pas avoir la prime promise. Cela devient un stress dit « chronique ». C’est une situation stressante qui se répète trop souvent. La personne y pense tout le temps, que ce soit au travail, en rentrant du travail, en mangeant ou en s’endormant le soir et le stress "monte" mais ne redescend que très rarement. La personne peut vivre cette situation de manière répétée et trop souvent, car les objectifs changent et demandent à chaque fois plus à la personne, alors, elle vit dans cet état de stress chronique. C’est une situation pour le corps, qui se reproduit trop souvent. Le corps y répond à sa manière par différends moyens dont l’épuisement.


Souvent, les personnes qui subissent un épuisement ressentent le besoin de revenir à des choses simples. Et je leur confirme, lors de mes accompagnements, qu’elles peuvent et doivent faire des tâches qui leur font plaisir. Comme se balader ou faire de la randonnée, passer une journée au bord de la mer ou visiter un lieu qui les intéresse. Mais ces moments puisent dans leurs ressources, elles doivent donc savoir, et j’appuie là-dessus que ce type de moments sympathiques et qui donnent envie de faire ; va les fatiguer et qu’elles vont avoir besoin de plusieurs jours pour s’en remettre. C’est aussi à voir comme une « bonne fatigue », c’est-à-dire une fatigue de l’esprit et du corps.

Ce type de moment à vivre permet de se reconnecter à son corps mais tout est dans le dosage, ne pas en faire tous les jours car il faut observer combien de temps met la personne pour s’en remettre et comment elle s’en remet. Cette dimension est aussi à questionner lors des échanges avec son thérapeute : Réapprendre à vivre selon ses ressources et selon son niveau de batterie.

En effet, quand une personne e trouve en situation d'épuisement et qu’elle doit accomplir une tâche -n’importe laquelle : faire du ménage, faire à manger, remplir un dossier, atteindre un objectif au travail… elle a trop souvent le sentiment d’avoir devant elle une montagne à escalader. Quand on regarde cette montagne, elle est haute, les chemins sont pentus et on a l’impression de ne pas avoir les moyens et donc les ressources pour la gravir. Tout d’abord, il faut voir si on est équipé pour, avec les bonnes chaussures, un sac à dos avec de l’eau et à manger, au besoin des bâtons pour s’aider ? Bref, un ensemble de ressources et d’outils, qui, si on est accompagné lors d’une thérapie, permet de se préparer. Puis, il faut mettre en place des étapes, décomposer le chemin pour gravir la montagne et se poser la question de savoir si on se sent prêt aujourd’hui pour escalader la montagne en une fois, ou la gravir en plusieurs fois. Il faut donc se préparer en anticipant et se dire que si on ne sent pas prêt pour gravir la montagne en une fois et dès la première fois, ce n’est pas grave. L’important est d’avoir un objectif et remettre un sens sur la montagne que l’on veut gravir. En effet, quand un bébé se met à marcher, il tombe – et pas qu’une fois, et nous avons tous été bébé.

Puis, on se met en marche et dès que l’on ressent le besoin de faire des pauses, des arrêts, il faut en profiter ! Savoir s’arrêter, pour sentir ce que l’on ressent dans son corps, sentir le niveau d’épuisement et aussi pour observer et admirer le chemin parcouru. C’est important pour se reconnecter à son corps. Au bout d’un moment prédéterminé ou non, la personne repart avec ces moments de légèreté dans la tête et continue à monter sur la montagne pour atteindre le sommet.

Ce nouveau départ ne sera pas simple, parce que c’est dur de se remettre en mouvement pour continuez à gravir. C’est tout à fait normal, il ne faut pas oublier qu’à chaque fois, on a le choix de gravir votre montagne en une fois, ou plusieurs fois selon différents moments et expliquez à votre entourage que pour le moment vous souhaitez vous concentrer sur telle chose et non sur l’ensemble. De plus, l’accompagnement thérapeutique est tout aussi important pour lever les doutes et soutenir la personne pour s’accomplir de nouveau.


Gravir une montagne est comme un objectif à atteindre. Cet objectif doit être identifié pour en comprendre le sens et pour lever les différents freins qui font que l'on peut rencontrer des difficultés pour escalader la montagne. L'accompagnement doit être adapté à la personne. Ce soutien, dans le cas du burnout et lors de toute souffrance en général vécue difficilement, doit être effectué par un professionnel qui a les compétences adaptées. Le #psychologue du travail, par sa connaissance des différentes situations de travail et par sa pratique orientée sur l'environnement de travail est compétent pour accompagner toute personne qui ressent de la souffrance liée à des situations de travail et également lors de situations personnelles qui sont une charge trop pesante sur la vie.


photos issues des sites suivants : blog.francetvinfo.fr ; Le cartable de Séverine ; Moustique.be

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